Akhal-Teke Magazine

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Lettre ouverte aux Haras Nationaux et à l'association ATF Évaluation et classification des akhal-tékés en France, ce qui a été fait, ce qui devrait être fait, ce qui est dangereux de faire…

L’association accréditée par le Ministère de l’Agriculture pour la gestion de l’akhal-téké avait mis en place, il y a quelques années une évaluation des étalons. Elle constituait pour la somme de quelques centaines d’euros plus des frais de déplacement, à attribuer une lettre : A, B ou C, aux étalons, ce qui de facto les autorisait à produire.

Outre que cela ressemble plus à une taxe qu’à une classification productive permettant d’orienter l’élevage, cette notation était faite par deux personnes seulement, en concertation, ce qui dans les faits, ne présentait pas les gages de l’impartialité normalement requise. Le classement qui en résulta, outre qu’il pénalisa les deux ans, sous prétexte, sic, qu’il « fallait les revoir » (preuve de l’incapacité des juges à évaluer des deux ans), valorisa par un A des chevaux souvent petits, allant ainsi à l’encontre des perspectives d’élevage définies par le stud-book central russe.

Ce système est en cours de révision, mais néanmoins on doute de réel progrès eu égard à la pérennité des auto-désignés juges et de leur totale incapacité de concertation avec nous, éleveurs.

Première critique : pourquoi les étalons et pas les juments ? Ce ridicule sexiste n’est pas pratiqué par le stud-book central !

Seconde critique : les coûts ! Ils induisent de multiplier les juments, qui ne coûtent que leur nourriture, et de réduire le nombre d’étalons, plus chers, plus compliqués à gérer, etc…

Raisonnons dans l’absolu :

Le principal reproche qu’on puisse faire aux notations faites par le stud-book d’origine est : un déficit de réflexion sur les allures (pas de trot, pas de galop, pas d'évaluation monté ! ). Un seul juge ! Le système semble donc pouvoir être amélioré même si c’est ce qui à ce jour me semble le plus correct.

La France possède un bon système de concours « modèles et allures » auxquels nous pouvons participer. Par exemple les concours modèle et allure étalons, concours modèles et allures chevaux de couleur. Ils sont plus complets en général, avec le mérite que nos chevaux sont notés comme chevaux et pas seulement comme akhal-téké, s’inscrivant ainsi dans une filière.

La France possède aussi un excellent système d’évaluation des résultats sportifs géré automatiquement par les Haras Nationaux : blop et iso.

 

Le bon système serait donc non pas une notation inutile des étalons mais un concours annuel ou bisannuel de modèles et allures pour nos chevaux, intégrant le cas échéant les notes des juges russes avec un système de coefficient à définir (pas de coef note française + moyenne des notes russes / 2), toutes les notes sur 10 (plus fin et identique au russe), excluant les notes non pertinentes pour nous : ancêtres, descendants. Idéalement, donc une note pour le type, une pour la conformation, une pour les allures. En cas de résultats sportifs, intégration du blop et de l’iso selon le même principe (coefficient à définir).

Il serait important aussi de travailler sur le dossier vétérinaire utile (eu égard aux maladies génétiques fréquentes dans la race et à éradiquer).

Enfin, il apparaît primordial que les juges ne se mettent pas d’accord, et soient au moins trois. Les résultats doivent être la somme des notes personnelles de chacun et pas celle de celui qui cause le plus fort…

Voilà, ces bases me semblent saines, et évidemment elles pourraient être discutées, amandées… Mais pour ça il faudrait qu’il y ait concertation avec nous, éleveurs…

 

En revanche, quelques soient les bonnes volontés et les compétences, il m’apparaît dangereux, voire suicidaire, pour notre race, étant donné l’absence de back ground et sa rareté, de prendre le risque d’éliminer des chevaux. La priorité est et reste d’augmenter le nombre d’akhal-tékés sur le territoire, d’inciter les éleveurs à se conduire de façon responsable en proposant plus de qualité, mais pas d’éliminer des chevaux du minuscule stud-book qui est le nôtre en appliquant des procédures qui n’ont même pas lieu en Russie. Aujourd’hui, un nombre considérable d’akhals ne sont déjà pas dans le stud-book (au moins 30%, voire 50%), alors ne risquons pas, par une attitude trop sévère, la disparition d’une race qui a déjà eu son comptant de drames… Le mieux est l’ennemi du bien.



28/06/2012
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