Akhal-Teke Magazine

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Les Tekkés de Paul Nadar et leurs chevaux


Les éditions du Patrimoines nous ont fait un bien beau cadeau en éditant les photos du Turkestan prises par Paul Nadar en 1890 au cours de son voyage à bord du train transcaucasien qui traversait les « nouveaux territoires russes » dont le Turkestan. Pour les passionnés de chevaux Turkmènes, quelques photos sont particulièrement intéressantes puisqu'elles nous donnent l'occasion de voir quelques spécimens de chevaux Tekkés, au moment où les Turkmènes avaient encore la pleine possession de leur patrimoine équin (La Maak osera-t-elle prétendre qu'en 1890, les Russes avant créé l'akhal-téké moderne ??!!). C'est pour nous une bonne occasion de revenir sur la morphologie de l'Akhal-Téké telle que l'Histoire des Turkmènes l'a modelée.


Sur la photo ci-dessus, on remarque que l'équipage du khan de Khiva est multiéthnique aux coiffes des cavaliers. Le cavalier qui porte la toque noire est sans aucun doute un Tekké. 

Son cheval tranche des autres chevaux par la taille, la beauté de la tête, le port des oreilles, les yeux en amande, le front légèrement bombé, la hauteur de l'encolure, la rareté des crins. Pour moi, il représente très bien le type ancien du cheval Turcoman ou Turkmen Tekke, de même que le cheval qui malheureusement est derrière mais dont les membres fins se distinguent de ceux des chevaux du premier plan, beaucoup plus ordinaires. Je suis saisie par la rareté des balzanes sur tous les chevaux de ces photos, rareté qui m'invite à conclure qu'à cette époque, où le cheval était encore le premier moyen de déplacement, les Turkmènes préfèraient de beaucoup les chevaux sans balzanes, avec des pieds noirs, solides, et ne nécessitant pas de ferrures. 





Voici la description qu'Edgar Boulangier fait des chevaux turkmènes sur lesquels on visite les ruines de Merv à l'époque (ci-dessus le mausolée du sultan Sandjar) : « Sont-ils élégants ces chevaux turkmènes, avec leur tête effilée qu'ils portent si fièrement, leur poitrail étroit, leurs jambes aux muscles d'acier ».  Souvent, les citations des voyageurs évoquent des chevaux isabelles, comme celui qu'on aperçoit sur la gauche de la photographie ci-dessus.


Les Tekkés sont considérés comme la cavalerie d'élite de l'Asie Centrale et les Russes ont vite intégré ces soldats exceptionnels dans leurs troupes, reprenant ainsi les mêmes dispositifs que les divers Shah perses ou turcs avant eux.





Sur la photo ci-dessus, on reconnaît aisément le type de l'akhal-téké : taille haute, membres secs et fins, croupe descendante, queue placée bas et, pour le cheval noir, reflets métalliques caractéristiques. Les chevaux sont parés de colliers de chasse traditionnels et d'aladjas (petits colliers de laine autour du cou servant de porte-bonheur). La monte des cavaliers tékés est tout ce qu'il y a d'académique.

Autre aspect passionnant de ces photographies, quelques éléments de la culture des Turkmènes, en particulier des images de bouzhkashi, ce jeu proche du horse-ball où la balle n'est autre que le cadavre d'un bouc. 

Un livre qui mérite donc de figurer dans la bibliothèque de tous les passionnés d'akhal-téké et qui apporte quelques éléments de réflexion à ceux qui croient que le berceau de la race est la Russie…





24/05/2008
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