Akhal-Teke Magazine

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Ethos, éthologie...

D’abord, pour tous les incultes qui ne se posent jamais de questions et foncent tête baissée chez le marchand de rêve, autrement dit le plus habile en marketting (et, du coup, on l’oublie, en rhétorique, qui est l’art de convaincre…), éthologique vient de éthologie, la science de l’éthos, et éthos signifie comportement, mais au sens d’état d’esprit, en grec. Ladite éthologie trouve elle aussi de belles bases descriptives dans la Rhétorique d’Aristote, qui est bien convaincue que prendre en compte l’éthos du public est indispensable pour le convaincre. Bizarrement, l’émergence du concept d’éthologie comme science moderne fait disparaître la dimension relationnelle qui prime pourtant à l’origine. La prétendue science (tout est science de nos jours dès qu’on étudie un objet, matériel ou immatériel !!) observerait empiriquement les comportements d’espèces animales, plus ou moins indépendamment mais dans l’idéal totalement indépendamment, de l’observateur humain. Quel bel idéal ! En même temps on semblait avoir tellement tout oublié des comportements des animaux autour de nous qu’il fallait bien revenir à l’observation stricte. Mais quid lorsqu’il s’agit du cheval. 1° le cheval sauvage est rare, voir inexistant (même les takhs mongols sont aujourd’hui sous contrôle humain) ; 2° les chevaux marrons ou vivant en semi liberté ont entretenus ou entretiennent des relations avec l’homme qui impliquent des comportements relationnels spécifiques ; 3° comment faire fi de 4000 ans d’histoire commune, tant génétiquement que relationnellement. Il existe sans aucun doute un éthos équin dont certains aspects nous concernent directement. Utiliser donc l’éthos du cheval pour améliorer la rhétorique que nous lui appliquons afin de le convaincre de coopérer avec nous est sans aucun doute utile. Apprendre à « parler cheval » avec le corps, comme disent certains, doit logiquement faciliter la communication. Mais c’est prendre aussi le cheval pour un con. Mais oui. Et nous surestimer aussi grandement. Qui vous dit que de vous ou du cheval ce soit vous le plus apte à apprendre et parler le langage de l’autre ? Il m’a toujours semblé que le cheval avait une bonne volonté à s’adapter à nos codes bien supérieure à la nôtre. Langage des aides (mains, jambes), langage du corps (poids, tonicité, déplacements) ou bien langage verbal, le cheval est capable d’apprendre un système de codes simples extrêmement vite, alors que nous, nous devons lutter contre notre corps, et contre nos représentations mentales, pour communiquer à peu près correctement. Le cheval est un éthologue né ! Dès qu’il vous voit approcher il sait si vous êtes de bonne ou de mauvaise humeur, crispé ou détendu, distrait ou concentré, dominant ou dominé, souple ou raide, handicapé ou valide, et il se « place » dans sa relation à vous immédiatement en fonction de votre éthos. Avant de vous occuper de l’éthos de votre cheval, ne feriez-vous pas mieux dès lors de travailler sur le vôtre ? Les anciens disaient souvent, « laisse tes problèmes à la porte du manège », c’est bien de cela qu’ils parlaient, d’arriver avec un éthos neutre, serein, qui ne gêne pas la conversation avec le cheval… Pas de marchant de rêve dans ce travail-là, il ne coûte rien, pas besoin de bâton carotte, il suffit d’une glace !!! Et de se poser les bonnes questions : quel est mon état d’esprit avant de monter, quand je monte, dans quelle attitude je suis, je veux être, qu’est-ce que j’attends de ma relation avec le cheval, est-ce possible pour lui, agréable pour lui ? Comment puis-je être « à ma place » face à lui, ni soumis à ses caprices (c’est dangereux), ni brutal dans mes demandes, voir brouillon, au point que le cheval ne sait même plus ce que je veux, ni peureux dans ma relation, au point que le cheval a peur lui aussi de la relation. La bonne place du cavalier, n’a rien à voir avec celle de prédateur (euh on a évolué depuis le temps des cavernes ou bien ???). Elle pourrait avantageusement être, comme n’ont jamais cessé de le rappeler les anciens, celle de parent, à la fois ferme dans les limites et tendre dans les relations, pour faire progresser, éduquer, le cheval dans son corps et dans sa tête. Après, peu importe les codes, car le cheval les apprendra, panneau de circulation, mots, aides des jambes ou des mains, gestes de tout le corps, je dirais presque qu’on s’en fout, l’essentiel étant qu’ils ne contredisent pas les lois de la biomécanique (de notre corps et du corps du cheval), et ne soit pas contradictoires…



09/08/2012
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