Akhal-Teke Magazine

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Abdoula Kan découvre la chasse à courre

N'en déplaise aux âmes sensibles, la chasse à courre fait partie de l'héritage équestre. C'est dans cette perspective que je souhaitais découvrir le monde de la vénerie, un monde secret et hauturier.
Le Lieutenant-Colonel Maruffy a eu l'immense gentillesse de m'aider à réaliser ce rêve. Grâce à son haut patronage, nous avons été invités par l'équipage de Grande Vénerie de Bonnelles à Rambouillet.
Pour la première fois, Abdoula découvrait donc cette atmosphère très particulière de la vènerie. Le lieu de rassemblement, le Coupe-Gorge, nous plongeait immédiatement dans un autre espace-temps. Les chênes de la forêt aussi. Enfin, les hommes et les femmes de l'équipage me semblaient sortis eux aussi d'un autre monde, un monde courtois et fin, où se mêlent une délicatesse et une cruauté gaie d'un autre âge.
Abdoula, toujours très attentif, a humé les odeurs de cette forêt inconnue, de la meute, des autres chevaux, dans le plus grand calme. En revanche, il a eu un peu de mal à se résoudre à ne pas être en tête. J'ai dû le tenir fort pour rester derrière ! Mon Prince véritablement caracolait en se traversant autant qu'il pouvait pour essayer d'échapper à la main. C'était très gai et très vivifiant.
La chasse fut assez longue car sa seigneurie le Cerf était des plus intelligents. J'ai retrouvé en moi des instincts archaïques de poursuite. Il faut bien de la naïveté pour croire qu'il n'y a plus en nous — homme et cheval confondus — cet instinct de traque qui nous a permis d'assurer notre survie pendant des milliers d'années.
L'art du Cerf est de promener les chiens en tournant en rond jusqu'au moment où il décide une franche échappée. Le début est donc plutôt calme mais la fin peut être beaucoup plus rapide. Souvent, au minimum une fois sur deux, l'intelligence du Cerf met l'équipage en défaut.
Abdoula lui aussi a exprimé tout son instinct de chasseur des steppes. Il a été qualifié de « brillant », sans doute avec une pointe d'ironie, parce que ces messieurs ont presque tous opté pour de paisibles trotteurs, ce que je trouve un peu dommage, car j'aime me souvenir de ces gravures anciennes où les chevaux de chasse étaient de véritables athlètes de complet.
Abdoula, malgré l'énergie dépensée à essayer de m'échapper, n'a pas montré de signes de fatigue quelconques. Impossible de dire combien de kilomètres nous avons parcouru dans tous les sens mais la journée a été intense. Elle s'est terminée sous la pluie.
Je n'ai pas assisté à la prise du Cerf parce que la chasse s'était éclaté et je ne le regrette pas car la mise à mort n'est pas ce qui me plaît dans la vénerie… Mon impression est d'avoir vécu un morceau de passé vivant. Un passé riche dont je ne souhaite pas me priver sous prétexte que tuer des animaux c'est mal.
Ce fut un très bon exercice pour Abdoula qui a dû accepter l'idée de ne pas être premier…
Merci donc à tous ceux qui m'ont permis de vivre ce moment équestre aux parfums secrets, en particulier à Monsieur Daniel Aubry, maître d'équipage, et au Lieutenant-Colonel Christophe Maruffy.

Pour ceux qui veulent des images, il y a le très beau post de Passionnature 78 de l'année dernière. L'équipage est le même…






01/12/2009
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